Jardin du pacifique
Mur passage
20.2.26
Faites-moi rire in instant
10.8.25
Ti-Bras et Tites-Jambes
Que sont-ils devenus?
Y a-t-il eu du bon dans leur vie ou tout à foiré?
Givrés, un peu, Ti-Bras et Tites-Jambes descendent du pick-up fermier à gros Counne. C'est l'heure de la cantine à Malo, l'heure venue de s'empiffrer et du bilan à faire de sa soirée.
Une sortie entre hommes, à se chercher du bon temps dans un samedi soir, après la Présentation.
Ils avaient aucune idée de la direction de leur vie. Des vies pas très encadrées à la recherche de sens et de moyens.
Où aller une fois 18 ans atteint? Mature mais sans expérience véritable, un choix décisif imminent prenait forme au fond d'eux-mêmes.
Un bon matin, Tites-Jambes et Ti- Bras ont pris la route. Non celle du désespoir mais celle de l'espoir attendu et, tout ça, au mieux de leur connaissance.
L'un dans les Forces, porter l'uniforme de sa Majesté, prendre les armes si nécessaire, apprendre un métier, parfois à la dure. Quand même, pour peu que dura l'aventure. Une période immersive, ineffaçable.
La vie est dure. La bière est douce. Il est écrit sur le t-shirt.
Sérieux?
Boire un verre de bière mon minou
Prendre un verre de bière, right through
L'autre choisit To pour Toronto. Qu'allait-il faire là? Apprendre l'anglais?
Il avait souvent entendu dire qu'il fallait parler cette langue d'avenir.
Qu'à travers cette culture impériale, celle des gagnants, l'estime de soi ferait du chemin, verrait son ascension assurée.
Pour Ti-Bras, son nouvel environnement portait à rêver, à s'imprégner d'un milieu anglophile accueillant et; à entrer dans une relation avec une femme empressée de travailler.
Et pour le reste, jusqu'à maintenant, Tites-Jambes et Ti-Bras continuent à se dépêtrer, sept jours sur sept.
5.2.25
Répliquer
Bonjour Francis,
26.11.24
Bourgeon
Il surveille les frontières humaines avant de jouer ses dernières cartes dont une, croit-il, capable de ravir la mise.
Une carte plastique fait de particules florifères.
Et autour un mois bourgeonne.
4.10.24
Feuilles d'octobre
1.
Bleu jardin
bleu jardin
c'est la nuit serrée contre le froid
planté dans un croissant de passage
bleu jardin
d'un jour qui sait
s'abandonner au fond de tout
bleu jardin
ce premier donné dans un geste sourd
et croît au bout d'une main mystérieuse
bleu jardin
cette seconde nature
qui se fait saisir
devant une courte lune
Bleu jardin
ou les autres
debout, étendus ou encore pliés
de travailleurs corvéables
Venus du chaud
l’œil cloué dans la récolte
bleu jardin
chargé d'amandes gonflées
à travers des vols incessants
et journaliers
bleu jardin
est un autre encore
inconnu et invisible
il court au ras le sol
dans une terre refroidie
bleu jardin
qui brille à l'ombre
qui enfonce sa force
devant la montée du ciel enflammé
bleu jardin
quand je tire les rideaux
et laisse pénétrer l'aube
avec son large soleil
Alors,
ce bleu jardin se lève
au coup de la seconde
chargé des odeurs du midi
Ô jardin anonyme
2.
Chez les Géranium
demain ce n’est pas lundi
c’est l'hiver
3.
Richelieu
Toi mon Richelieu
doux compagnon estival
qui coule rafraîchissant
ou encore solide
étendue glacée
qui s’offre généreux
au jeu de l’enfant
vrai et puissant
de ses eaux fraîches et limoneuses
tu es cette descente
qui s’étire et parcourt
les territoires lointains
Grandeur et paix
rivière bordée d’un infini rivage
qu’accompagnent des frênes frères
tu m’entends te raconter
nos souvenirs complices
le chant des batraciens
langage de deux vies
Vallée d'étoiles ou vagues aux soleil
Lieu riche d’espaces sinueux
d’exploits et de repos
cours d’eau distendu
creusé par toutes ses forces
Brutes et tranquilles
Richelieu
tu resteras toujours
ce phare scintillant
de ma jeunesse
4.
Rock
Bay Bee See
Victoria frontale
forgée trempée couronnée
reine d’un carnaval
sous une flamme océanique
pont interdit aux papillons
où passent le jour de lourdes matières
de là-bas nous atterri
Parachute givré
boules multicolores
glaciers d’arômes
purement fraîches
Non lointain
une fabrique à béton urbaine
je m’approche
saisir ces gros bleuets sucrés poussiéreux
devant une cimenterie
derrière
voitures comprimées
sur une barge en direction inconnue
usines lourdes et brasseries d’or
se voisinent dans ce Rock Bay
aux eaux dures et opaques
dans un
lent va-et-vient industriel
Toujours Rock Bay
d’hier à maintenant
une zone à rêver
territoire écorché
dans un fracas de pierres grises
5.
De
lit et de trottoir
Rue de
l’impasse urbaine. Droite dans ses bottes de pluie rose fuchsia,
Alice contemplait l’inlassable mouvement que
des vagues
apportaient à ses pieds recouverts de varech. Elle se remémorait
quelques
questionnements plutôt abstraits, entendus lors de la
présentation grand public s’intitulant: Le trou noir et le genre
humain.
Qu’y a-t-il de vrai dans tout ce qui a été dit et
répété ? Qu’y a-t-il de faux dans tout ce qui
a été
repris ? Où se logent l’utopie et son contraire ? La science, un
télescope ou un
canon, croyait-elle entendre.
Le jour
suivant, elle se réveilla dans ce qu’il y a de plus matinal. Le
cerveau animé par
l'annonce d'une autre journée porteuse
d’activités suffit à provoquer une série de
mouvements, une
mise en marche de l'être intégral.
Alice se conformait bien au
rituel du quotidien et à celui des saisons. Habillée, dents
et
cheveux brossés, et puis, le verre d’eau jamais oublié,
une saine habitude à laquelle elle
croyait.
De bon matin,
elle sortit de chez elle le cœur en équilibre. À vide, elle avala
du bout des
lèvres le brouillard du jour, les pieds au sec.
Était-ce ça la réalité ? Une simple dose de
brume automnale,
à ne voir l’horizon qu’à travers le prisme inoculé de la
routine ?
Novembre lui apparaissait être le mois de l’ombre.
Comment définir ce mois autrement
qu'une salve de jours courts
sous le signe nuageux des averses et de rares percées
lumineuses
? Rien à ses yeux, n’était plus dérangeant que ce climat humide
capable
d'atteindre toutes les régions du corps.
À
coup de pouce, sur son écran naissaient, touche après touche, des
mots regroupés, une
image adaptée; en somme, une manière
simplifiée pour signifier quelque chose de ressenti
ou
strictement informatif. Tape la flèche, machinalement.
En
marche vers son lieu de travail, surgissait en elle une scène où la
beauté devenait
l’ultime rempart contre la détresse et
l’obscurité du jour. Pourtant, avide de dialogue,
l’intelligence
n’arrivait plus à communiquer autre chose que des messages
préfabriqués.
Abruptement, elle mit fin à toutes ces
réflexions, allant même les croire superflues,
répétitives.
À l'intersection Pandora et Quadra, elle s’immobilisa devant ce
qui pouvait être
un buisson ardent couvert de fruits orangés,
au bois armé d’épines trop nombreuses.
Tout près, elle
remarqua un individu allongé dans un sac alourdi par l'humidité
persistante.
Semi-mort, semi-endormi ? Là, à tenter de
récupérer une énergie qui venait de moins en
moins les
habiter. Dormir sur un trottoir ou sur une bordure dégazonnée.
Cafard
humainement tolérable que celui de voir au sol, ainsi, un semblable.
Puis, à la vue
d’un autre corps allongé, elle se ressaisit
aussitôt, préférant porter son attention à ce que
son
appareil lui offrait, des sonorités lentes et mélodiques toutes
logées au fond de l'oreille.
De courtes phrases, spontanément
lui parcourut l’esprit. Quelle heure est-il ? Où est ma
carte
magnétique d’entrée au gym ? Ai-je versé à boire à l’oiseau
et au chat ? Le
questionnement prit fin, comme un nuage que les
yeux s'obstinent et parviennent à écarter.
Après avoir pris
rendez-vous avec son psy, elle contacta l’agence immobilière NPK.
Une
transaction à venir qu'il valait provoquer. Elle leur dit
de faire une contre-offre à l’offre
transmise précédemment.
Une affaire sensible était sur le point de se régler. Seule
depuis
bientôt dix ans, elle se souvint soudainement de cette
maxime lue en voyage: le réel
n’existe pas, il émerge en
nous.
Après six séances avec une psy, cette dernière lui
conseilla de prendre rendez-vous avec
son médecin. Ensuite, le
pharmacien irait dans le sens prescrit, en toute considération
devant
les informations déposées à son dossier médical.
Le réel
venait de prendre le pas sur le rêve. Elle sortit son téléphone et
lut: DERNIER
RAPPEL. SVP, communiquez avec l’équipe du
service à la clientèle.
Alice rentra chez elle, se versa une
eau pétillante coupée, mit son appareil en mode
silencieux.
Elle prit l’unique cachet restant, couvrit l’oiseau et se glissa
en toute légèreté
sous l’épaisse douillette mauve aux
motifs étoilés.
Seul sur le canapé, le chat Hercule sommeillait avec force.
6.
Jardin papillon et fentanyl
Est-ce possible, oublier de respirer dans la nuit ? Hélas... Le jardinage maison tout comme sortir son chien pour qu’il pisse et bouge, compte son lot d’échange, de bavardage et de parenthèses entre voisins. L’adage qui veut que: qui s’assemble se ressemble, contient sa dose de vrai... et du faux.
Lorsque deux voisins ont la piqûre de la terre, de creuser, de vouloir réveiller les tulipes, alors, il y a matière à jaser.
Un ou deux à la fois, pas plus, j’ai arraché de jeunes mahonias du nouvel aménagement. Cet arbuste commun, au feuillage épineux et persistant, coûte moins que rien et est presque immortel. C’est pourquoi les architectes paysagers sur la planche à travail en dessinent plus qu’il en faut. De loin comme de près, la densité importe, pareille à une carte postale.
J’ai dit à Pam: ah, toi aussi t’en as arraché quelques-uns?
- Oui, me dit-elle. Ici, c’est dense, inutilement. De plus, j’ai besoin d’espace pour obtenir plus de fleuris.
- Tu sais, j’ai grandi dans la vallée du Fraser, mon père était un passionné de jardinage. Un trait de lui que j’ai hérité.
Au rythme des mois, nous avons parlé jardinage et de notre communauté Madrona. Au début, elle pensait de se reloger, mais
plus le printemps passait, moins son désir de quitter, allait être.
Aujourd’hui, fin octobre, l’Halloween lentement s’installe devant les portes-orangers des deux immeubles.
Récemment, à la descente d’autobus, peu loquace, Pam me dit:
- Je viens tout juste d’apprendre que mon fils, 41 ans a été trouvé, chez lui, dans son sommeil, sans vie.
La semaine suivante, pendant que son chaton gris courait après un papillon blanc, elle ajouta:
- Décédé d’un arrêt respiratoire. Une trace de fentanyl en trop.
À sa porte, sied un bouddha gris argileux. Autour, un mauvais soleil et un large chrysanthème, d’un mauve trop léger.
9.
Sept jours sans relâche
Elle fuit le drame
une pensée éclair
lui visite le front
~
La nuit
les bas instincts
le jour nous les présente
~
Feux de pétales
je dors
donc je suis
~
Piscine moscovite
sauce de merle lâchée
en passant
~
Vaste plaine
Ô corps retournés
des tournesols entendus
~
Enracinés
des blés s’élancent
pour une mission
~
Dimanche fuchsia
sur terre battue
parlons trêve
10.
Sa vie en vrille
le corps aspergé de poussière
des stigmates irrésolus
25.9.24
Kuei 25 septembre 2024
"Et pourquoi passer par l'écriture? Pourquoi choisir d'explorer un sujet avec des mots sans savoir où ce processus nous mènera? J'ai plusieurs réponse à cette question.
D'abord parce que cela permet de mettre en lumière les questions qui travers notre société. Ainsi, on participe - comme tous les membres de la société devraient le faire- au développement de la compréhension de notre trajectoire, tant individuel que collective. Chaque lettre est une invitation à l'autre, un acte d'inclusion. On lui dit, ainsi qu'à tous ceux qui nous lisent: <<Bienvenue, ta participation est souhaitée, quelles que soient nos différences.>> On ne veut pas effacer la différence, mais au contraire, l'accepter et la respecter. On se lit comme on s'écoute: pour mieux connaître ceux avec qui on partage cette Terre et pour voir comment on pourrait mieux vivre ensemble. Sans se lire, sans s'écouter, comment est-ce qu'on pourrait y arriver?
(Un paragraphe sauté.) Mais je ne crois pas...Et se lire.
Mais on écrit aussi pour se transformer. Quelque part à l'intérieur de nous, nous croyons que nous sommes nos pensées, nous nous identifions aux pensées qui tournent dans nos têtes sans même savoir d'où elles viennent et, quand nous écrivons, nous sommes à même de percevoir, de formuler et d'approfondir ces pensées qui guident notre vie. Nous sommes quotidiennement à la merci d'idées et de sentiments que nous avons rarement le temps de remettre en question. Les exigences de la vie nous laissent peu de temps pour bien se connaître. L'écriture est un rituel personnel pour nous connaître nous-mêmes. L'écriture crée un espace où nos vies intérieures peuvent devenir visibles; elle nous permet,en quelque sorte, de décider qui nous voulons être."
Deni Ellis Béchard,
Kuei, je te salue, Conversation sur le racisme, page 105-106
Deni Ellis Béchard,
Natasha Kanapé Fontaine
8.7.24
8.12.23
Deux/sept décembre/Vancouver
Premier mot du deux décembre Vancouver 2023/défaillances pluriellement/j'ai trouvé un mot par terre/avanie/traitement humiliant qu'une personne reçoit publiquement/fureur extrême colère rage et frénésie mêlées/j'ai presque perdue mes lunettes/merci Jul/serein.
Ai-je assez parlé/ai-je trop dit de choses futiles/avec trop de retenu je serai un/d'aucun intérêt/je vais lui dire/me faire persuasif/coq en flèche et comme personne/.
Il fallait s'y attendre/je m'ennuie/dans ce sillon trop profond pour m'en extirper/psalmodie devant mon Omamuri/attendre que ça passe/je suis dans une ville modérée/mes assises sont faibles/ma fille et son conjoint/point à la ligne/
~
Sept décembre/je ne sais plus/comment entreprendre une saison/quand je vois mes prochaines fleurs debout sur son kenzan/je pense à elle Dominique souvent/son escalier tout brinbalant/c'est ça l'hiver/je vais lui dire un mot amusant/amoureux/
Je vais m'investir dans le floral avec un éclairage relevé/floral et volcanique/c'est terminé avec Vancouver/pourtant/son sol meuble à pétrir/jamais antique comme là où je retourne dans peu/lieu à pierre fendre/comment faire sans terre/où bûcher mon reste d'espoir/
Au fond tout ce que je veux/de vivre le geste terre à terre/le jeu floral/même rendre compte de ces millions de petites bêtes enfouies dans le sol quelque part/fleurs finies/sans abri/sans amis/plantées sur des pics soit zinc soit inox/
J'ai vu la fille aux cils charbonnés/elle attendait avenue Broadway East/sous un ciel allant en s'éclaircissant.
7.12.23
La vie qui brûle et, le corps givré
Toi, JP, comment ça se passe dans ton royaume?
