samedi 24 mars 2018

Réverbère042018


La couleur promise

Beretta et petit Colt inox, armes d’assaut ou rose à la boutonnière, il existe de ces objets qui font lever le sable et sont capables de vous déraciner un humain. Pétard! Il ou elle s’écroule.
Le mois dernier a voulu encore que les bougies et les bouquets soient à l’honneur ici et là sur la planète scolaire. Hélas, les jolies fleurs et les armes de fer sont souvent appelées à se présenter au même rendez-vous. Voilà l'autre trou noir.

Ce mois-ci je veux vous parler d’une annuelle, l’héliotrope. Je la connaissais de nom parce qu’il y a longtemps, un ami belge avait sans insistance attiré mon attention à son sujet. Non, pardon, c’était autour d’une autre plante annuelle très herbacée, elle aussi, le coléus. Plante de feu puisque son feuillage puissant demeure sans contredit, un ramage de coloris qui fait tourner les têtes. Ses fleurs sont insignifiantes. Mais peu importe. Oui, assez pour le coléus! À l’ombre ou au soleil. Va au soleil, mais, n’aller pas le priver d’eau, si en plus, il a la tête gonflée de feuilles minces, et au vent exposé. Donc, de feuilles ou de fleurs, elles sont d'étoiles promises.

Arrosoirs, soulevez-vous
Avant de dévoiler le secret de l’héliotrope, je veux ouvrir un bref et franc débat autour de l’arrosage. L’été, obstinément, viendra à nous. Justement, ce matin, j’ouvre l’oeil à huit heures moins dix. Je suis toute oreille à écouter à la radio communautaire 107,9 FM l’animatrice du matin et la collaboratrice régulière à l’écologie, nous parler d’eau et de gaspillage. Disons Marie Céline pour brouiller la piste, et soulever son chapeau.

Devons-nous arroser le soir ou le matin? Un jardinier ou une jardinière lui avait affirmé qu’il valait mieux arroser le soir. La plante a toute sa nuit pour se gorger d’eau versée la veille et amorcer le matin venu, l’activité première essentielle de la feuille, la photosynthèse. Véritable usine productrice silencieuse d’oxygène, celui que nous respirons, machinalement.
Alors...Bêtise? Non. C’est parfois comme la recherche. Deux théories s’affrontent au nom de l’inlassable désir de vérité.
À une époque peu lointaine, un vieux derviche de jardinier de la région de Québec, voisin de chez Huguette et Jean-Paul, m’avait dit ceci: vous savez, une plante n’aime pas s’endormir les pieds dans une cuvette saturée d’eau. Ce qui veut dire en langage paysan qu’elle pompe le jour l’eau nécessaire (du terreau si elle est en contenant) et se couche les pieds au sec.
C’est la pratique à laquelle j’ai adhéré. Cependant, il est d’usage courant que si vous remarquez, en soirée, que le feuillage montre des signes d’affaissement, il vaille mieux lui verser un petit coup. Le lendemain, le feuillage aura rebondi et le cycle convenable d’arrosage se poursuivra. De plus, ici, notre climat compte très peu de nuits chaudes d’où la prolifération de ces super limaces toujours secrètes et, obscurément en appétit.

Vous savez, l’héliotrope, c’ est une plante, actuellement, plutôt introuvable. Rares sont les semences offertes. La raison en est simple, elle se bouture, surtout. Elles se retrouvent souvent utilisées comme plante en panier suspendu. D’ailleurs, les jardineries Garden Works les utilisent dans la composition de leur arrangement. Cette plante odorante, agréable à observer, est originaire du Pérou. [D’ailleurs, Camus en parle lorsqu’il dépeint son Algérie natale.] Cet héliotrope se présente, florissant, en des tons de violet et exige une bonne dose d’ensoleillement.

À partir d’une bouture? Oui, de préférence. À suivre, je vous assure, les mois prochains, vos photos.

louisjardin@hotmail.com

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