lundi 15 novembre 2010

septembre 2010 (Maison Point Ellice)

Jardin du pacifique
Jardin et Maison de Point Ellice
Pour septembre, je pourrais vous entretenir que de fruits, petits fruits et légumes; cependant, j’ai choisi de vous parler d’un lieu historique et de son jardin. C’est la Maison Point Ellice de la rue Pleasant. Ce jardin fait contraste avec celui que nous connaissons tous, le Butchart Garden. Ce dernier s’est développé suite à l’exploitation d’une mine de calcaire au début du vingtième siècle. Aujourd’hui, on pourrait presque affirmer que Victoria est synonyme de Butchart Garden, celui-ci étant mondialement connu et à l’avant-plan des campagnes publicitaires de la ville. Ce qui distingue le plus les deux sites c’est que l’un est une entreprise privée tandis que Point Ellice est géré depuis 2004, par un organisme public, Capital Mental Health Association. Cette résidence et ses jardins ont appartenu à la famille O’Reilly pendant 108 ans. À l’époque, ce site était tout autre. Il y avait des arbres fruitiers, des champs de foin et des pâturages pour les chevaux , dont Blackie, le cheval de Carolyn O’Reilly. Aujourd’hui, Point Ellice se trouve au milieu d’un quartier industriel et de surcroît, très bruyant en semaine. Tout un contraste, et c’est, je crois, ce qui en fait un lieu remarquable qui mérite d’être visité. Cette famille fortunée d’origine irlandaise s’adonnait au jardinage et cultivait les plantes tant ornementales que légumières. C’est un des messages qu’elle nous a légués.
Pour amorcer la visite, parlons des arbres. Ils sont très grands et très vieux. En 1876, Peter O’Reilly plante un Sequoia (le Red Wood) lequel est devenu géant de nos jours. C’est l’arbre emblématique de la Colombie-Britannique. Ensuite, vous trouvez des essences de grandes tailles dont des arbousiers de Menzies (Arbutus) inclinés en direction de Point Hope Shipyard sur la rive Ouest, des chênes de Garry, des tilleuls, des châtaigniers et des hêtres à feuilles cuivrées. Le fait que ces arbres soient géants, isolés dans un environnement aussi hostile, Pleasant Street, porte à réfléchir... quel paradoxe!
Bien que la roseraie du temps des O’Reilly n’existe plus, on y dénombrait les rosiers suivants : Gloire de Dijon, Général Jacquimenot, Souvenir d’un Ami, Marie Van Houtte et Souvenir de la Malmaison créé en 1843 par le rosiériste français Beluze. Cultivés sur treillis de fer forgé en forme d’arceau, ils témoignent de l’atmosphère qui y régnait au début du siècle dernier. Tout autour de la propriété, on remarque la présence de plates-bandes sobrement fleuries et de parterre de gazon.
Dans une section du jardin, ayant en arrière-plan l’entreprise Victoria Landscape-Gravel Mart bien camouflée par un mur végétal, on découvre un potager mixte.
Il était d’usage au temps des O’Reilly, de s’approvisionner en semences afin d’y cultiver une variété suffisante d’herbes et de légumes. Intelligemment aménagé et en parcelles, le potager offre une idée de ce qui pouvait se cultiver tant à cette époque que de nos jours. On y retrouve tout comme dans la tradition autochtone les trois semences essentielles à la subsistance : courges, haricots grimpants et maïs. Il y a des herbes aromatiques surtout des vivaces, mais peu de plantes condimentaires annuelles telles, le basilic et la coriandre. Enfin, des courgettes, des concombres, des pois, des choux, des radis, des patates, du céleri, de la livèche et des légumes feuilles se côtoient calmement en « rang d’oignons ».
Et pour terminer, ce qu’il y a d’unique à la Maison Point Ellice, après le tour du jardin et la pause-café au restaurant de l’endroit, le Victoria Harbour Ferry y fait des arrêts fréquents et vous transporte par voie maritime vers une autre destination de votre choix. Cette balade vous permet ainsi d’admirer le jardin Point Ellice d’un angle différent.
Bonne visite!
Normand Hébert
Horticulteur/consultant
louisjardin@hotmail.com

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