vendredi 4 mai 2018

Réverbère052018


Laitue, carottes et confidences

Oh Réverbère! Parmi les chroniques du Réverbère de mai 2009, Jardin du pacifique était l’une d’elles. Toutes les rubriques d’alors se voulaient des chroniques. Bon, tous étions, tous genres confondus, chroniqueurs.
Avril 2018, à la table des matières, page 32, rubrique poésie. Et à cette page rendue, on y lit: Jardinage et poésie. Auparavant, il y eut aussi chronique horticole et aussi rubrique horticulture. Donc, rien d’immuable. Alors, nous voici aujourd’hui bon an mal an avec ce mensuel en version électronique et papier. Réverbère dans l’espace anglophone, Réverbère dans le temps francophone. À ceux et celles qui réverbèrent un soir de la rue Langley. Belle poursuite pour elle qui tourne une page bien écrite.

Le jardin du chemin Bellerue, je le possède dans la mesure qu’il me réclame à genou ou debout. Vous avez saisi, il ne m’appartient pas. Toutefois, j’aime dire qu’il porte le sceau de ma pelle-bêche et du sécateur aiguisé.
Ce jour-là, elle a voulu profiter de ma présence pour sortir les déchets de la cour. Trois poubelles bien remplies au fond du coffre, de matière verte, brune et sèche. Direction garage municipal de Saanich, où je peux lire: Garden waste disposal for resident.
On a reculé et tout déversé dans l’énorme conteneur. Puis, nous sommes repartis les poubelles vides.
Tout le long du trajet, je n’ai eu qu’à surtout écouter, mais aussi composer, ça et là, quelques phrases compatissantes à son égard. Ils ont passé l’hiver dans les rénos, à déconstruire, à reconstruire. Fatigue et réussite se conjuraient. En plus, un super cabanon et une solide clôture dressée pour avoir la paix l’intimité, et dire aux chevreuils, basta! À son dire, et je le savais, c’est elle, Jeanne, la maître d’oeuvre. Une fois à la retraite, les règles du jeu changent. J’accompagnais une cliente qui avait en tête son projet. Sceptique, j’appréhendais la reprise des travaux horticoles, chemin Bellerue.
Je voyais l’air du temps agir. Phil, son mari, souffre, combat. Son état, depuis bientôt dix ans, l’a rendu inapte à bien des tâches. J’en suis témoin. Je m’occupe du jardin depuis environ dix ans. Elle qui vit sa retraite... énergiquement.

Le but de la visite consistait à regarder. Point. Chemin Blenkinsop, la jardinerie Garden Works, là, où des clients grenouillent. Jeanne m’avait prévenu en me rappelant: je n’achète pas aujourd’hui, aucun rhodo ni d’azalée, ni éricacée. Je fais du repérage. Quand même, pourquoi sommes-nous ici? Vous verrez. Quand il se met à faire chaud et le ciel vous parle d’été, alors là, tout apparaît autrement. Il faut être prêt et ils le sont ces jardineries.
Cependant, ce qui avait attiré l’attention de Jeanne, c’était deux magnifiques chaises Transat, le tissu ton rouge carmin avec coussin rectangulaire comme appui-tête. Chaises attrayantes, légères et pliantes, montées sur châssis en Teck. Trois cents dollars, taxes en sus, pour deux chaises. Vendues?
Avec ma carte paysagiste Gardens Works, l’escompte de vingt pour cent s’appliquait à tout en magasin. Une carte plastifiée persuasive.

Elle est sortie de chez Garden Works réfléchissant à son destin estival. Un commis transporta sur un chariot, deux chaises transat, les mit dans le coffre de la voiture, coincées entre les poubelles Rubbermaid. Fin.

L’autre jour, je suis allé flâner au Garden Works d’Oak Bay. J’en suis ressorti avec trois sachets de semences. La force de l’image en tête.



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Photo: Hudson Valley Seed


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