vendredi 23 septembre 2016

Reverbère octobre2016


Il y a quelques semaines, j'ai vécu l'expérience suivante. Je lui ai dit, vas, la météo, tu la vivras demain. Ne cherche pas. Elle te trouvera bien au détour du jour suivant.
Des fraises au champs! Alors, j'y crois. Elles sont là, au soleil, comme endormies, en attente de mûrissement. Pas beaucoup, que deux semaines encore, tout au plus, et elles seront en bouche. C'est la mi-septembre, je quitte le sentier cyclable et j'entre dans un champs où je suis vite attiré vers ces rangs étroits. Je suis sur Saanich Est, avant la grande courbe de la ferme d'élevage de  la famille Macdonald. Juste avant l'arbutus centenaire. Rien d'annoncé, sinon que quelques travailleurs affairés à la récolte finale.

C'est ce qu'on appelle faire une incursion. Ce n'était pas ma première à vélo. J'en avais fait une dans un champs de choux, à l'intersection d'Island View et le sentier Lockside Trail.
J'ai pas posé de question, j'ai foncé. Alors là, ça vaut le coup. Même juste pour observer. On appelle cette variété, des plants de fraise remontants, ils produisent en continu, et non d'un coup. Cependant, les jours gris de retour, la récolte chute et le petit fruit est en manque de chaleur. On passe à autre chose puis on en garde que de bons souvenirs. Et l'autre chose? c'est la fraise importée. Donc, fini pour les fraises d'ici... à la saison prochaine.
Semer, planter ou acheter. Toujours passer à  table. C'est notre karma quotidien, au moins deux fois, au plus six avec des collations qui nous apaisent le moment, surtout, avant la nuit. Si on devait se réfugier dans l'autosuffisance alimentaire intégrale, c'est à dire tout cultiver, tout récolter, parfois tout  perdre, nous serions très nombreux à baisser les bras devant le rappel journalier de l'estomac.
La population rurale planétaire se rétrécie et c'est la suite naturelle et comptable de la hausse remarquable de gens vivant en milieu urbain. Sauf, qu'il existe toujours de l'autre côté du rideau une communauté humaine qui pratique une agriculture de subsistance. Comme ça, subsister pour aller voir à quoi demain ressemble. Un combat, du matin aux étoiles, à saveur de résilience. On nous les présente, souvent dans des reportages choc dans un fond d'écran plat.
De l'agriculture durable, c'est ce qu'il nous faut. Je n'en dit pas plus, pour l'instant. C'est celle qui parviendra à irradier ces maladies qui nous accablent. Je vous parlerai de la ferme des Quatre-Temps, d'Hemmingford, en Montérégie. Oui, un secteur auquel s'intéresse activement l'empire Power de la famille Desmarais. Une agriculture viable et de taille raisonnable, la grandeur d'un terrain de soccer.
Virage. 

Allons, pas toujours, mais ce mois-ci je parle à l'écriture, d'horticulture dans l'assiette, et un peu moins d'ornemental, ce superflu qui attendra, quand la caisse sera à sec. Je veux simplement dire que c'est beaucoup par l'ornemental que j'emplis mon assiette. 

Justement, à Sidney, je suis à exécuter des travaux de taille de rosiers, jeunes et vieux, surtout très ligneux. Ils ont perdu leur propriétaire et sont devenus orphelins. Et sans irrigation aucune, qu'un arrosage occasionnel au boyau. Au soleil, ces mêmes rosiers sont allés puiser en profondeur leurs éléments essentiels. Les rosiers font tout pour plaire.. ou déplaire. Comment font-ils pour plaire? Ils font  dans le spectaculaire, des couleurs et du parfum à faire pencher; et enfin, nous demandent de les laisser tranquilles. D'autres, c'est le contraire, ils ne suffisent pas, ils font faiblards et tolèrent peu la compétition. Alors, ils exposent leur misère et vous abandonnent, un printemps venu. Ils filent au paradis. Ah! et si le paradis était fait d'eau, d'insectes à l'infini, d'obscurité et de lumière...
Sur un banc, au fond du jardin ou ailleurs, faisons une pause.

* Photos LNH
Louis-Normand Hébert
horticulteur

Aucun commentaire:

Publier un commentaire