samedi 7 juillet 2012

Éditionjuilletaoût2012


DE LA RUE AU SOLEIL

La gloire et le liseron



Je débuterai avec la gloire du matin, la rue suivra. Nous avons besoin d'embellie. Après tout, c'est juillet et le solstice d'été a livré son jour le plus long. Récemment, on m'a parlé beaucoup d'envahisseur, de cerfs chez certains et chez d'autres, la volubile gloire du matin dont le nom français est  belle-de-jour ou encore liseron des haies, des clôtures ou liseron tout court.  Calystegia sepium. Cette mal-aimée qu'on veut parfois éliminer à tout prix progresse lentement sous terre, sur terre et ensuite aérienne. Je la nomme la question à un million parce qu'elle est courante et dérange. Il suffit que le résident de droite ne fasse rien pour la maîtriser et elle repart de plus belle à la conquête du voisinage. Parfois encore, on emploie un produit systémique (dont l'agent actif est le glyphosate) à haut niveau de toxicité et non sélectif. Ne poussant jamais en solitaire, le liseron vit parmi ses semblables. Elle se sert des autres comme support et si elle se retrouve au centre d'une haie comme c'est souvent le cas, l'application d'un tel produit détruira à peu près tout ce qui est vivant. À déconseiller.
Cette plante est le plus coriace adversaire du jardinier. Pour l'enrayer pour de bon il y a trois moyens : l'arracher, l'arracher et l'arracher. C'est une intervention énergique il est vrai, mais cette manière est à mon avis la meilleure. Le moment d'agir est déterminant et ce sera au pic de sa croissance, moment où elle se prépare à emmagasiner ses réserves pour l'hiver. Enlever les fruits lorsqu'ils sont encore verts, avant qu'ils parviennent à maturité, et à la longue vous y parviendrez. À noter, ses fruits en forme de pois sont toxiques, voire euphorisants. Il y a aussi la voie du compromis mêlée à une attitude contemplative, car en isolé je vous suggère, cette plante saura vous offrir en abondance des fleurs pâles et éphémères.

La rue fétide

La rue est résistante et son feuillage bleuté inusité est persistant. Suis-je au jardin, suis-je à la rue, c'est intriguant de parler d'une plante affligée d'un nom pareil. La rue appartient à la même famille que les agrumes, les Rutacées. Cet arbrisseau à fleurs jaunes dégage une odeur quelque peu désagréable, mais qui a tout de même ses adeptes. De celle-ci on extrait une substance utilisée en parfumerie. Incroyable ! Elle convient parfaitement à notre région, car elle se comporte bien en milieu sec et aride. Sa floraison est comme son odeur, elle ne laisse pas indifférente. La rue adore le soleil et vivre très au sec dans un sol calcique. Si votre terrain se trouve situé sur un cap rocheux, cette Ruta graveolens pourrait convenir à votre aménagement. Elle peut servir de plante de bordure, haie basse 0,6 m par 0,5m de largeur, dans une rocaille et en bord de mer. Si vous remarquez le nom de cette plante pour la première fois, voici l'occasion de manifester votre sympathie pour la rue et ses vertus médicinales, aromatiques et même culinaires.
Normand Hébert
louisjardin@hotmail.com


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